An Exotica Tiki Pop Selection !!

U.S.A. fin des années 30, un besoin d’exotisme envahit le pays. Militaires et jet-setters vantent les mérites de l’île, et c’est sur Hawaii que se porteront les fantasmes. Le phénomène « Tiki Pop »  prend forme  et explose jusqu’à connaitre un engouement national (même si principalement californien) à la fin des années 50. On incorpore
alors des éléments architecturaux dans les bars, restaurants, bowlings et jusqu’aux motels et résidences, de l’art primitif avec les fameux tikis (made in usa bien sur), et le barbecue dominical est l’occasion de revêtir des colliers de fleurs autour du cou, d’enfiler des pagnes et rouler des hanches au son du Hapa Haole, un cocktail de rhum à la main. Bien sur, on est loin de la réalité, tout n’est ici que fantasmes, des forêts inquiétantes, aux plages parfaites en passant par les villages paisibles peuplés de créature sentant le tiaré et vivant moitié nues… « Pure fantasy »

Anecdote, la fameuse chemise hawaiienne, crée spécialement par des couturiers, à la demande de généraux, pour que leurs troupes aient l’air moins connes (quoique…) après leurs services.
Ce qui nous amène à la musique, et donc à l’Exotica (sorte de Jazz tropical):
« Genre musical très populaire dans les années 1950 et 1960 aux Etats Unis et représentatif de la culture tiki américaine, sorte d’easy listening impressionniste, baroque et symphonique dont les mélodies évoquent l’atmosphère des lieux tropicaux, principalement d’Océanie » (wiki source)
D’un point de vue stricto musical, on attribue la paternité du genre à grosso-modo 3 personnes.
Tout d’abord, Les Baxter, le précurseur, musicien de jazz, et compositeur de musique de films, principalement du genre horreur (il est pote avec Roger Corman), mais aussi pour des films d’exploitation censés se dérouler sur des iles lointaines ou en orient (style Simbad ou Shéhérazade). Il sort en 1951 « Le sacre du sauvage » disque concept qui reproduit une cérémonie vaudou africaine. Le disque connait un engouement sans commune mesure et Les devient aussi gros vendeur que Frank Sinatra à la fin des années cinquante !
Apparait ensuite Martin Denny, le fondateur, pianiste de jazz, il est embauché par un bar tiki à succès pour touristes, et joue tout les soirs les pieds dans le sable, au bord d’une piscine entourée de cocotiers. Il  adapte son style déjà très lounge en y incorporant des éléments locaux, des percussions exotiques ainsi que des cris d’oiseaux (un peu sa signature, les « bird calls »). Il sort en 57 « Exotica », album étalon du genre, qui connut un énorme succès.
Il inclura dans son ensemble notamment 2 musiciens hawaiiens, Augie Colon (percussions) et Arthur Lyman (vibraphone), ce dernier se révélant l’autre géant du style (l’enfant prodige).
 
Début des années soixante, le phénomène disparait peu à peu. Dans les garages californiens, les ados s’équipent de guitares et mixent l’exubérance des instrumentaux rock’n’roll et les mélodies inquiétantes des thèmes Exotica, la surf musique est née ! Puis les groupes anglais arrivent, les vocaux reviennent à la mode, et la roue tourne… Exotica/musique  à papa, tout juste bon à tester les premiers système hi-fi disponible alors en magasin . Et puis l’exotisme touche à sa fin, quand finalement les seules images de bambou montrées à la télé sont celles des forêts vietnamiennes brulant sous le napalm.

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