Some Real Blues Explosions

Des aveugles, des révérends, des fermiers, des divas, des hobos, des repris de justice…
A la fin du XIXème siècle, des Maliens du Mississippi s’appropriaient la guitare espagnole (via les mexicains), digéraient toutes les musiques autour d’eux (principalement les ballades irlandaises des métayers blancs voisins). Et réinventaient le  griot version U.S.
Parent direct du Rock’n’Roll (l’autre branche étant la Country), le Blues a connu deux grandes périodes. Celle des débuts, acoustique et rurale, souvent solo et se pratiquant dans les états du sud. Puis l’après-guerre avec l’arrivée de la fée électrique et la migration massive des populations noires vers les villes, débouchant sur les premières formations professionnelles. Dans sa forme la plus primaire, le Blues est je trouve l’expression musicale la plus humaine que les terriens aient jamais créée. C’est simple, si des extra-terrestres venaient poser leurs pieds ici bas demain, c’est cette musique que je leur jouerais.
Dans les années trente, aux premières heures de l’enregistrement portatif (enfin 150kgs l’engin tout de même…), nombre de curieux parcourt le sud profond à la recherche de documents sonores américains originaux. Les plus connus étant les Lomax (père et fils), fans de folk-music  en quête des magnifiques « chansons profanes des Nègres »  pour la bibliothèque du Congrès. Ils iront dénicher en prison un certain Leadbelly, chanteur/guitariste, connaissant des milliers de chansons. Leadbelly deviendra le premier artiste noir enregistré (ou comme disent certains « le premier musicien professionnel américain vendu délibérément comme un primitif authentique »). Aux cours de leurs expéditions, les Lomax (et les autres) passent par les fermes, les tripots, les églises, s’arrêtent de ville en ville, prennent chambre d’hôtel et font passer le mot qu’un micro est branché, et disponible pour qui veut tenter un enregistrement, la commercialisation d’un titre sur disque 78tours étant éventuellement envisageable. Les très nombreuses sessions non exploitées à l’époque commencèrent à être redécouvertes et commercialisées à partir des années soixante. Permettant à certains musiciens qui avaient rangé leurs guitares de se refaire un nom (parfois jusqu’en Europe). Et à l’auditeur d’écouter ces titres qui souvent caressent les étoiles.
On cite en général l’un des Deltas du Mississippi, la rivière Yazoo, dans la région de Clarksdale comme berceau du Delta-Blues, forme la plus ancestrale et la moins diluée du genre Blues. Après, celui-ci se transformera au gré des voyages, s’adaptant aux lieux, coutumes et modes (Vaudeville blues, Ragtime, Chicago blues, Rhythm & blues, etc…)
4 titres de Robert Johnson sur cette sélection. Influencé par les précurseurs Son House et Charley Patton, le jeune Robert fut le triste membre fondateur du « club des 27 », après qu’il fut empoisonné par un mari jaloux (ou plus surement victime d’une sévère syphilis). Il eut avant cela le temps d’enregistrer 29 titres, repartis sur 2 sessions d’enregistrement se déroulant en 1936 et 1937. Où l’on peut entendre un jeu flashy et une sacrée technique à la guitare, un chant habité et une ferveur toute rock’n’roll. Il raconte dans sa chanson « Crossroad Blues » qu’il aurait une nuit à un carrefour, passé un pacte avec le diable, son âme en échange  du don… apparemment ça a bien marché.

 

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