Tout simplement le label le plus mythique de toute l’histoire du Rock’n’roll.
1949 Memphis Tennessee, Sam Phillips (alors jeune animateur radio) installe un rudimentaire studio d’enregistrement, principalement destiné à la captation live des ensembles Blues et R&B de la région (ce que l’on appelait à cette époque aux états-unis les race-records), qui est son genre musical préféré, mais dont les musiciens rencontrent encore des difficultés concernant l’accès à l’enregistrement. Le studio Sun est né et son slogan est « We record anything-anywhere-anytime »… Il fait la rencontre du jeune Ike Turner qui lui sert de rabatteur, et enregistre ainsi notamment les débuts d’ Howlin Wolf et de B.B. King. Ike qui avec son groupe les Delta Cats y enregistre ce que les historiens considèrent comme le tout premier enregistrement de Rock’n’Roll, à savoir le 45trs « Rocket 88 », qui sort chez Chess Rds en 1951 et fait un carton national.
Suite logique, en 1952 Sam Phillips crée son propre label Sun Records, destiné à la diffusion des enregistrements lui semblant prometteurs, il traverse les États-Unis en long en large et en travers pour décrocher des contrats de distribution mais se heurte au refus de la plupart des compagnies.
Et là un miracle se produit, été 53 un jeune plouc blanc (a hillbilly cat) se pointe au studio, une présence électrique, une qualité d’interprétation exceptionnelle et qui plus est grand connaisseur des blues les plus obscurs. Sam lui propose une session avec deux jeunes musiciens (Bill Black à la contrebasse et Scotty Moore prodige de la guitare), et durant quelques séances gravent plusieurs faces qui vont tout simplement révolutionnées le paysage musical mondial à jamais. Dès les premiers passages radios les titres sont tellement plébiscités qu’ils sont joués pratiquement en boucles. Le phénomène Elvis Presley est né et plus rien ne sera jamais comme avant, d’une part les barrières raciales prennent un sacré coup (l’américain moyen ne sachant pas au début dans quelle « catégorie » le classer), et c’est d’autre part l’émancipation de la jeunesse, qui découvre un nouveau son, rien qu’à elle, mêlant insouciance, sauvagerie et sexualité. Ces 45 tours seront compilés en 76 sur l’album intitulé « Sun Sessions » et qui représente encore pour beaucoup pas moins que les tables de la loi, le saint graal.
Sam Phillips peut désormais investir un local plus grand pour y installer son studio, et produit les débuts de Johnny Cash, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison ou encore Carl Perkins pour ne citer que les plus connus. Mais la folie Elvis est devenue trop énorme pour le label, et sa petite presse ne suffit plus depuis longtemps à livrer les milliers de disques en commande, Sam préfère lâcher sa poule aux œufs d’or (qui lui prend tout son temps) et continuer de se consacrer à la découverte de jeunes talents tout en maintenant son statut de label indépendant.
Même si contrairement à ce qu’on peut entendre Sam Phillips n’a pas inventé le Rock’n’roll (ce mélange de musique Country et Blues existait depuis déjà une paire d’années), il lui a clairement apporté une visibilité mondiale, ainsi qu’une signature sonore (le son primitif si particulier du studio Sun, avec cette sorte d’écho en « slapback »).
Les adultes avaient leurs 33 tours de Jazz avec trompettes, les jeunes ont dorénavant leurs 45 tours de Rock’n’Roll à guitares…









































































































